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Histoires de vies,
Histoires de corps...
« C'est là dans ton corps,
que toute l'histoire commence,
et c'est aussi là, dans ton corps,
que tout se terminera. »
(Paul Auster)

« Histoires de vies, histoires de corps »

« C’est là dans ton corps,
que toute l’histoire commence,
et c’est aussi là, dans ton corps,
que tout se terminera ».
(Paul Auster)


Traumatisme. Violence. Colère. Incompréhension. Haine. Résignation. Silence.
Déni. Honte. Résurrection. Réconciliation. Guérison. Pardon.
Parce qu’il y a des blessures qui enferment.
Parce qu’il y a des silences qui deviennent si lourds qu’ils vous étouffent.
Parce qu’un jour, tu te retrouves tapie dans le bleu du ciel, en pleine journée, au fond de toi une boule dans la gorge. Et que tu ne peux plus respirer.
Tes yeux se brouillent. Les larmes coulent.
Une idée fixe: rentrer le plus vite possible. Te cacher. T’extraire aux yeux du monde.
Tu veux te fondre, te dissoudre.
Déserter ton corps.
Ce corps qui justement raconte l’histoire de la personne que nous sommes. Cicatrices extérieures et intérieures, blessures visibles ou invisibles, notre corps parle.
Mon rapport au corps, donc au monde, s’est fondé sur une blessure profonde.
On m’a dépossédé de mon corps, par mon corps.
Pardonner, comprendre, c’était aller questionner les autres, interroger d’autres histoires pour trouver une réponse à mon corps blessé, à ma vie déchirée.
Parce qu’il n’était plus possible de se taire. Photographier pour s’exprimer enfin.
Interviewer pour libérer la parole.
Ce projet, c’est la boule qui éclate. C’est l’enfant qui se souvient. L’adulte qui parle.
La femme qui accepte. Qui digère. Qui pardonne. Qui nait à nouveau.

Je suis photographe et suite à une blessure qui m’a immobilisée chez moi, je me suis retrouvée prisonnière, bloquée par mon corps qui ne me répondait plus.
Confrontée à moi même, je me suis beaucoup interrogée. Pourquoi la question du corps m’intéressait-elle autant ?
Pourquoi le rapport au corps en fonction de notre histoire de vie résonnait autant en moi ? Histoire de corps, histoire de vie. Le corps par qui tout commence et par qui tout finira. Le porteur de notre histoire, de nos blessures visibles et invisibles.
Ce projet est une réconciliation ...
J’ai réalisé toutes les photos en argentique puis scannées. J’ai poussé les films pour obtenir des contrastes très durs, des blancs brulés. Je voulais aussi retrouver le temps de l’image comme s’il s’agissait pour moi de remonter le temps vers le jour où l’irréparable s’est produit. Le temps de création comme le symbole du temps qu’il m’a fallu pour comprendre et dépasser le traumatisme, le temps des allers-retours entre moi et moi.

Crédits:


Photographies et interviews: Alexandra Lebon
Réalisation sonore: François Teste
Web documentaire (conception/réalisation): Manuel Reismann
Direction artistique: Sidonie Le Gourrièrec

Remerciements:


Merci à toutes les personnes qui ont participées au projet: Sophie, JP, Marie, Estelle, Franck, Matthieu, Marie-Claude, Caroline, Eva, Cécile, Yann, Aya, Jann, Marie-Eve, Didier, Florence, Clémence, Philippe, Denis, Anaïs, Anne, Marie-Christine, Elsa, Véronique, Elsa, Pénélope, Hélène, Aurélien, Laurence, Delphine, Clothilde, Béatrice, Marie.

Un merci tout particulier à ma famille: ma maman Eliane, Gilles, Sébastien et David. Merci d'être là.
Et à François Teste sans qui tout cela n'aurait jamais existé. Merci de m'avoir poussée dans le précipice.

Merci à Irène Omélianenko et à l'équipe de Sur les Docks ainsi qu'à France Culture.

Retrouvez le sujet « Histoires de vie, Hitoires de corps » en ligne sur le site de France Culture

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